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Jeudi 24 avril 2008

Article que j’ai promis à Gari il y a un bail...
 

S’il vous est arrivé d’entendre ou d’écouter la chanson d’Eros Ramazzotti, Favola, savez-vous que cette chanson s’inspire directement d’une nouvelle d’Hermann Hesse, Les Métamorphoses de Pictor – une fable d’amour ?


Hesse
(1877-1962) est un romancier et poète allemand, Prix Nobel de Littérature en 1946. Son esthétique se situe quelque part entre le romantisme allemand et le naturalisme. Ses œuvres sont en général profondément métaphoriques. Hesse s’est aussi illustré par sa lutte contre le nazisme.
Mais Hesse est surtout connu pour ses nouvelles évoquant les différentes formes et stades de l’amour, l’amour sans espoir, l’amour timide, l’amour fou et ses dérives, le binôme amour-douleur, etc.


Il dédie sa nouvelle Les Métamorphoses de Pictor (Piktor’s Verwandlungen) à Ruth, sa deuxième femme. Il dira à ce sujet :  « Une fable d’amour, comme toutes les vraies fables, représente quelque chose non pas d’inventé mais de vécu ».

 

La nouvelle est éditée dans un recueil, intitulé  Histoires d’amour, pas très cher et on en trouve d’occasion (je l’ai en french, pour les ‘voisins’ qui seraient intéressés) et c’est tellement fin, tellement beau, tellement bien écrit que je ne vais pas la retranscrire ici, juste les grandes lignes (qui se trouvent dans la chanson d’Eros de toute façon...).



*******
 



Arrivé au Paradis, Pictor vit un arbre qui était à la fois homme et femme. Puis, plus loin, il vit un autre arbre qui était à la fois soleil et lune. Tout était calme, harmonieux. Les fleurs chantaient.

 

Sur l’herbe était posé un oiseau, un oiseau dont le plumage était constitué de plumes de toutes les couleurs possibles et existantes. Il lui demanda : « Oiseau, où se trouve donc le bonheur ? »
« Le bonheur ? », répondit l’oiseau, « il est partout, partout autour de toi, dans chaque chose, sur les monts et dans les collines, dans les fleurs comme dans les cristaux ». Et, riant, il se transforma en une magnifique plante, puis en papillon, qui s’envola se transformant en une pierre rouge brillant d’un éclat incomparable.
Pictor s’empara de la pierre qui disparaissait petit à petit. Soudain, il entendit le murmure du serpent à son oreille : « La pierre te transforme en ce que tu veux ; dis-lui quel est ton souhait, vite ! »
Pictor avait toujours rêvé d’être un arbre, parce que ceux-ci lui paraissaient plein de paix, de force et de dignité.


Pictor devint arbre.


 

…Raccontano che lui si transformò in albero
E che fu per scelta sua che si fermò,
E stava lì a guardare la terra partorire fiori nuovi.
Così fu nido per conigli e colibri
Il vento gl’insegnò i sapori di resina e di miele selvatico
E pioggia lo bagnò
La mia felicità, diceva dentro se stesso
Ecco, ecco, l’ho trovata ora che
Ora che sto bene e che ho tutto il tempo per me
Non ho più bisogno di nessuno
Ecco la bellezza della vita che cos’è …


Pictor observait la terre se transformer, les animaux, les fleurs ; mais lui ne pouvait plus le faire, ce qui le rendit triste. Il comprit alors qu’il était incomplet, mais comment y rémédier ? Un jour une jeune femme se perdit et se trouva sous l’arbre-Pictor ...Celui-ci ressentit alors une étrange sensation, et entendit une voix qui lui disait : « Souviens-toi de toute ta vie passée, trouve son sens, sinon il sera trop tard et jamais tu ne découvriras le bonheur »

Capì che la felicità
Non è mai la metà di un’infinito

La jeune femme ressentait le même trouble...Elle se disait qu'elle aimerait être arbre, pour pousser à côté de celui-ci....

                                                               *******


...pour savoir la suite, il va vous falloir lire la nouvelle ;-)


Favola
figure sur l'album Tutte Storie sorti en 1993. Le livret indique d'ailleurs la référence à Hesse, et le clip partiellement animé est dans le ton de la nouvelle.


Clip
officiel

Paroles
(pour la traduction, cherchez sur le net)


Pour les fans d'Eros, il se murmure qu'il y aurait un concert gratuit ou pas cet été à Rome, probablement en juillet, dans le cadre du projet Telecomcerto...une rumeur selon laquelle il y aurait une liste et ce serait soit lui, soit les Who, soit Led Zep, soit les Pink Floyds, bref à suivre donc !

par Stella publié dans : Italia
Mardi 15 avril 2008

Zato, 2007



"M'illumino d'immenso"

"Mattina", in Naufragi,
Giuseppe Ungaretti (1933)

par Stella publié dans : Italia
Jeudi 13 mars 2008
Deuxième fable toscane, "Le loup à la place du pois chiche"



Il était une fois un homme qui allait de par le monde à la recherche de la fortune, mais il avait beau le parcourir en long en large et en travers, point d’or dans sa bourse.
Un jour, alors qu’il longeait des champs, il trouva un pois chiche et dit :
« C’en est assez ! Ce pois fera ma fortune ou je m’en retournerai chez moi aussi pauvre que je suis parti. »
Il le mit dans sa besace.
 
Passant devant la maison d’un paysan, il vit la femme de celui-ci, occupée à tendre le linge.
Il lui dit : « Femme, pouvez-vous surveiller mon pois chiche quelques instants ? »
« Bien sûr, répondit-elle, posez-le sur cette pierre, il y sera toujours quand vous repasserez. »
A peine notre homme parti, le coq de la maison sauta sur la pierre et mangea le pois chiche. La paysanne s’en rendit compte, mais bon, pour un pois chiche ! Cet homme devait être un peu fou, pour sûr il ne reviendrait pas.
Peu après, l’homme revint. Il s’enquit de son pois chiche.
« Bah, le coq l’a mangé. »
« D’accord, alors je prendrais le coq à la place. »
« Vous êtes dingue ? Un coq pour un pois ? »
« Ou le pois ou le coq, ou le coq ou le pois, si point de pois le coq, et rien d’autre. »
Après diverses tentatives pour lui faire entendre raison, la fermière dût lui donner le coq ; l’homme mis le coq dans son sac et partit.
 
Plus loin, passant devant la maison d’un paysan, il s’arrêta pour bavarder quelques instants avec sa femme qui balayait devant sa porte.
« Femme, dit-il, pouvez-vous surveiller ce coq quelques instants ? »
« Bien sûr, mettez-le dans la cour, il y sera toujours quand vous repasserez. »
L’homme n’était pas encore à l’angle de la maison que le cochon, flairait un animal étranger à la maison, suivit le coq, en fit son repas et ne laissa que les plumes.
Quand l’homme fut de retour, la fermière voulu lui donner un de ses coq.
« Non, je veux le mien. »
« Mais le cochon l’a mangé ! »
« Alors je veux le cochon. »
« Un cochon pour un coq ? »
« Ou le coq ou le cochon, ou le cochon ou le coq, si point de coq le cochon, et rien d’autre. »
Après moult discussions et arguments, l’homme était toujours inflexible et elle dût lui donner le cochon ; l’homme mit le cochon dans son sac et partit.
 
Plus loin, passant devant la maison d’un paysan, il sourit à son épouse qui nettoyait les écuries.
« Femme, dit-il, pouvez-vous surveiller ce cochon le temps que je fasse une course ? »
« Si vous n’en avez pas pour longtemps, volontiers ; mettez-le dans l’étable avec ma vache, il y sera toujours quand vous repasserez. »
Mais la vache, peu habituée à avoir de la compagnie, par jeu ou par ennui, donna un coup de cornes au porc et le tua.
L’homme s’en revint et vu son animal mort.
« Mon cochon ! »
« La vache l’a tué … »
« Alors vous me donnerez la vache ; ou le cochon ou la vache, ou la vache ou le cochon, si point de cochon la vache, et rien d’autre. »
Et c’est ainsi qu’il partit, tirant la vache derrière lui, sur les chemins.
 
Il s’arrêta devant une ferme où il laissa la vache sous la garde de la maîtresse des lieux.
Or il se trouve que celle-ci avait une fille, très belle mais dépressive. Sa mère aurait fait n’importe quoi pour elle, si elle le lui demandait.
Ce jour-là, la jeune fille dit :
« Mère, je veux manger. »
« Qu’est ce que tu veux manger ma fille ? »
« De la viande de vache. »
« Je n’en ai pas…. »
« Mais dans l’étable il y a une vache ! »
« Elle n’est pas à moi. »
« J’en veux quand même ! »
La mère ne sut résister ; elle courut à l’écurie avec un couteau, coupa un morceau de viande sur la cuisse de la vache, y mit de l’étoffe en lieu et place, et alla cuisiner pour sa fille.
Quand l’homme revint à la ferme, il réalisa tout de suite que sa vache boitait.
« Je lui ai coupé un morceau de cuisse, dit la vieille dame, pour la donner à ma fille qui est malade. »
« Et alors donnez-moi votre fille. »
« Dans tes rêves ! Garde ta vache ! »
« Il en manque un morceau, et je la veux entière. »
« Et moi entière je n’en ai pas ! »
« Alors donnez moi votre fille ! Ou la fille ou la vache entière, ou la vache entière ou la fille, si point de vache entière la fille, et rien d’autre. »
La vieille dame refusa encore et encore mais à la fin l’homme mit la jeune fille dans son sac et partit.
 
Il marcha, marcha, marcha encore en direction de son logis. Puis il vit une petite maison, non loin de celle où il avait à faire. Il se pencha par la fenêtre et demanda à la femme qui préparait le repas :
« Femme, pouvez-vous garder mon sac quelques instant s’il vous plait ? je reviens tout de suite tout de suite ! »
« Bien sûr, mettez-le là dans ce coin, il y sera toujours quand vous repasserez. »
La femme retourna à ses casseroles quand elle vit que le sac s’agitait et parlait ! Elle l’ouvrit et en sortit la jeune fille, qui lui raconta toute l’histoire.
« Ne t’en fais pas, j’ai une idée : hier mon mari a attrapé le loup qui a dévoré une de nos brebis ; il l’a enfermé dans le jardin en attendant de décider de son sort. Mettons-le dans ce sac, il vengera tous ces pauvres gens escroqués ! »
 
L’homme vint récupérer son sac ; il remercia et partit.
Arrivé devant chez lui, il se frotta les mains de joie :
« Je n’ai pas trouvé la fortune, mais je suis fortuné tout de même ! J’ai quelqu’un qui pourra s’occuper de mon logis.
D’un pois à un coq,
 d’un coq à un porc,
 d’un porc à une vache,
 d’une vache à une belle fille ! »
Ce chantant, il ouvrit le sac et le loup en sortit.
 
par Stella publié dans : Italia
Mardi 4 mars 2008
Fables Toscanes : Maître Prosper et les dons du Seigneur 

Première d'une liste de fables typiques de chez moi que je compte publier sur le blog
- c'est une fable que ma grams me racontait petite, très très connue en Toscane, je l'ai d'ailleurs retrouvée dans plusieurs recueils
(c'est pas pareil, puisque la littérature orale a vocation à être modifiée selon les conteurs)(là en plus y'a la traduction qui entre en jeu...)

 
En ces temps-là, Dieu parcourait le monde avec Saint Pierre pour bénir la terre et nommer chaque chose. Lorsqu’ils ne trouvaient ni auberge ni taverne pour se reposer quand vient la nuit, ils demandaient l’hospitalité aux gens, lesquels voyant leurs pieds nus et en haillons, les chassaient sans autre forme de procès, parfois en leur faisant tâter de la fourche ou du bâton.
Un jour, ils traversaient un bourg. Comme de coutume, personne ne leur avait offert le gîte et le couvert. Alors que l’obscurité se faisait toujours plus dense, ils virent à travers les arbres se profiler le toit d’une petite maison, à l’écart des autres. Ils allèrent frapper à la porte, demandant asile.
C’était la maison de Maître Prosper, forgeron de son état, qui les accueillit volontiers au nom de la charité chrétienne. Il partagea avec eux sa maigre pitance, les invita ensuite à prendre le frais dans le jardin, et les installa pour la nuit sur sa pauvre couche.
 
Au matin, afin de récompenser sa générosité et d’égayer sa vie de dur labeur, Saint Pierre lui dit :
«  Pauvre homme, vous ne savez pas qui vous avez hébergé cette nuit sous votre toit ; voici le Seigneur, moi je suis Saint Pierre. Le Seigneur est tellement heureux d’avoir croisé la route d’un homme si bon qu’Il vous concède une faveur. Demandez-Lui ce que vous voulez, et il vous exaucera. »
 
Maître Prosper ne voulut pas profiter de ses hôtes. Il réfléchit, réfléchit. Et puis il songea qu’il avait, dans son jardin, un poirier dont il n’avait jamais pu goûter les poires : on lui volait alors qu’elles n’étaient même pas mûres. Il demanda donc au Seigneur de faire en sorte que, si quelqu’un montait sur l’arbre, il resterait collé au tronc et ne pourrait en descendre que lorsqu’il en aurait donné l’ordre.
Le Seigneur rit de bon cœur et lui accorda cette faveur.
 
Quand Saint Pierre sut ce que Maître Prosper avait demandé, il en avala son chapeau de travers. Comment ?! Cet homme pouvait obtenir la grâce éternelle et il ne s’intéressait qu’à ses poires ?
Il lui dit :
« Réfléchissez bien, et demander autre chose, quelque chose de plus important pour vous ! »
 
Maître Prosper réfléchit, réfléchit, réfléchit.
Puis il retourna voir le Seigneur :
«  Seigneur, vu que j’ai droit à une seconde faveur, j’ai réfléchi et je voudrais vous demander de faire en sorte que toute personne qui s’assiéra sur le banc à côté de la cheminée ne pourra se lever tant que je ne le lui dirait pas : c’est que le soir, quand je joue aux cartes avec mes amis, ils restent tant qu’eux gagnent, et dès que c’est moi qui gagne ils s’en vont. »
Le Seigneur lui accorda cette faveur.
 
Mais Saint Pierre, qui avait eu du mal à digérer la première faveur, eut encore plus de mal avec la seconde :
« Et à votre âme, vous y avez songé à votre âme ? Réfléchissez, réfléchissez, et demandez quelque chose d’essentiel à votre salut éternel ! »
 
Le pauvre homme réfléchit, réfléchit, réfléchit, réfléchit.
Puis il retourna voir le Seigneur et lui dit :
« Seigneur, Saint Pierre me demande de vous demander une dernière grâce pour le salut de mon âme, j’ai réfléchi et puisque quand je perds aux cartes je blasphème, faites en sorte que quand je joue avec ce jeu de cartes là je gagne tout le temps ! »
Cette faveur lui fut accordée aussi.
 
Alors que les deux pèlerins se mettaient en route, Saint Pierre furieux lança au forgeron :
« Regardez-moi ce que l’on demande en grâces au Seigneur ! Et l’Enfer, vous y avez songé ? Mais vous vous en rappellerez, oh que oui, parce qu’au moment de passer les portes du Paradis vous aurez affaire à moi ! »
 
Les jours passèrent et Maître Prosper vivait heureux dans sa petite maison ; il attrapa les voleurs de poires, pu enfin y goûter, jouait au cartes quand il en avait envie et autant qu’il en avait envie et il gagnait sans cesse sans avoir à s’énerver.
 
Les jours passèrent et bientôt vint la Mort. Un soir de septembre, celle-ci le trouva assis sous son poirier.
« Lève-toi forgeron, lui dit-elle, il est l’heure. »
«  Je t’attendais, lui répondit Maître Prosper, mais pourquoi se dépêcher ? J’aimerais bien, avant de partir, goûter une dernière fois à mes délicieuses poires qui commencent à mûrir ! »
« Mais bien sûr, et tant qu’à faire tu ne voudrais pas aussi attendre qu’elles mûrissent ? » ironisa la Mort.
« Non, mais j’aimerais en manger pour la dernière fois. Tiens, toi qui est toute maigre et rapide, prends l’échelle et monte sur l’arbre m’en cueillir quelques unes ; prends-en pour toi aussi, tu en as bien besoin. »
La Mort, pressée d’en finir, grimpa à l’échelle et se mit à cueillir les plus belles poires qu’elle passait à Maître Prosper. Quand il en eut mangé une dizaine, la Mort décida que s’en était assez et voulu descendre de l’arbre.
Mais, elle resta collée par les pieds au tronc.
Alors le forgeron lui expliqua que, par grâce divine, elle demeurerait collée à l’arbre tant qu’il ne se déciderait pas à la laisser descendre. En échange de sa libération, il demanda à ce qu’elle le laisse vivre 400 ans de plus.
La Mort refusa.
Pendant trois jours, elle négocia en vain.
Au Paradis comme aux Enfers, plus personne ne se pressait. Plus personne ne mourrait. Bientôt des messagers des cieux comme des abysses se pressèrent chez Maître Prosper pour demander à la Mort de régler ce problème vite fait, qu’elle cesse sa grève et qu’elle reprenne le travail séance tenante parce que dans l’un comme dans l’autre monde tout était sans-dessus dessous.
La Mort se résigna donc à signer un pacte: elle ne viendrait pas le chercher avant 400 ans.
 
Mais, puisque le temps passe vite dans les contes, 400 ans passèrent –et même plus car la Mort ne se souvenait même plus du forgeron-. Mais un jour, le Diable, excellent comptable en ce qui concerne les âmes des damnés, constata qu’il lui en manquait un et envoya la Mort de suite le chercher.
C’était un hiver froid, il gelait à pierre fendre. Maître Prosper somnolait tranquille sur son banc au coin du feu quand la Mort entra.
« Regarde, lui dit-il dès qu’il la vit, j’avais justement mis à cuire une poignée de châtaignes sous la cendre, elles doivent être à point. Assieds-toi sur le banc, qu’on les mange avant de partir. »
La Mort ne se souvenait pas de sa précédente mésaventure ; de plus, elle se disait bien qu’avec un vieillard de presque cinq cent ans il faut s’armer de patience.
Elle s’assit donc.
Le forgeron commença à ajouter du bois sur le feu, et encore du bois et toujours plus de bois. La Mort qui rôtissait voulut se lever.
Elle réalisa qu’elle était tombée dans le piège une seconde fois.
Il fallut peu de temps à la Mort, peu habituée à la chaleur vive, pour se décider : elle concéda à Maître Prosper 400 ans de vie en plus.
 
400 ans passèrent et le Diable, refaisant ses comptes, constata qu’il lui manquait toujours une âme. La Mort partit en direction de la petite maisonnette.
Elle y trouva Maître Prosper occupé à jouer aux cartes avec un ami ; celui-ci retrouva ses jambes de vingt ans et s’enfuit sans demander son reste.
« Mort, prends donc les cartes de mon ami qu’on finisse cette partie avant de partir ! »
La Mort ramassa la donne et vit que les jeu était excellent. Elle accepta de parier un jour de la vie du forgeron. Elle perdit, puisque les cartes étaient truquées. Ils jouèrent d’abord les mois, puis les années. Arrivés au chiffre rond de 400 ans, la Mort repartit folle de rage, se repentant de n’être pas passer chercher ce fourbe au berceau.
 
Quelques 400 ans plus tard, Maître Prosper, qui en avait finalement assez de vivre, attendait en vain la Mort ; celle-ci avait rayé la maisonnette du forgeron de la carte. Alors il fit son baluchon, glissa ses cartes truquées dans la poche, et partit tout au bout de la terre loin très loin là où finit le monde.
Arrivé à la porte du Paradis, il tira la chevillette et la bobinette chût il agita la clochette.
Saint Pierre se pencha et se rembrunit en reconnaissant le nouvel arrivant.
« Ah le voilà enfin, s’exclama-t-il, celui qui s’intéresse plus aux poires, aux cartes, à ses amis qu’au salut éternel ! Alors, on s’est lassé de la terre et on veut profiter maintenant des cieux ? Tu te rappelles ce que je t’avais promis, qu’il te fallait passer par ici ! Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? Tu me fais grimper dans l’arbre ? Tu me cloues sur le banc ? Tu gagnes ta place aux cartes ? »
« Mais je… »
« Dehors ! Tant que je serais le Gardien, tu ne mettras pas les pieds ici ! »
 
Maître Prosper sonna encore, demanda aux âmes de passage de plaider en sa faveur auprès du gardien, rien à faire.
Il prit le chemin du Purgatoire, mais là aussi l’accueil fut frais, on se souvenait sans peine de la charge de travail supplémentaire qu’il avait causée.
Il ne lui resta plus qu’à se présenter à la porte des Enfers où le Diable lui demanda pourquoi s’était-il fait attendre tout ce temps.
« J’ai réussi à coincer la Mort ! »
« Oui on en a entendu parler. »
« J’ai même réussi à la battre aux cartes. »
« Oh il en faut peu, elle n’est pas très douée. »
« Et je suis capable de te battre toi aussi. »
 
Et ainsi ils jouèrent l’âme même de Maître Prosper, puis une à une celles de ses amis, et puis comme il n’avait plus d’amis à sauver le forgeron voulut arrêter mais le Diable refusa. Alors il commença à sauver l’âme des inconnus. Le Diable ne s’avouait pas vaincu. La place devant les Enfers était noire de monde.
Des messagers descendirent du ciel pour ordonner à Satan de cesser de jouer ; ils lui révélèrent la supercherie.
Le Diable s’en retourna furieux dans son antre, mangeant les cartes de Maître Prosper.
Et les portes du Paradis s’ouvrirent pour accueillir toutes ces âmes sauvées qui n’auraient pas dû l’être.
En passant devant Saint Pierre, Maître Prosper ne pût s’empêcher de lui dire :
« Je n’ai pas fait cette tête quand je vous ai accueilli chez moi… »
« Parce que je ne m’y suis pas présenté à la tête d’un troupeau ! M’enfin, qu’il en soit fait selon la volonté du Seigneur. »
par Stella publié dans : Italia
Mercredi 20 février 2008

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.
.
Stai con me, è presto e poi che fretta c'è
anche se fuori dall'auto già piove da un'ora
e sale piano la voglia di una casa,
una candela da accendere
e poi spegnere.
.
Come un'illusione dopo fiumi di rancore
tu sei dentro quella vita che vorrei.
Splendida visione in un deserto di dolore
ho già i brividi se penso che ci sei.
.
Scaldami ed io poi farò lo stesso,
prendimi io sono indifeso adesso.
E parlami di te: la vita che sognavi
era questa, insieme a me, oppure no?
Non dirmelo.
..
E come un'illusione dopo fiumi di rancore
tu sei dentro quella vita che vorrei.
Splendida visione in un deserto di dolore
ho già i brividi se penso che ci sei.
.
Parlarti ancora mentre il mondo affiora,
dirti che non sei sola e lo sai.
La tua pelle ora, tutto il resto vola...
E nel niente solo noi...
Lontana una luce dà poesia:
non andar via.
.
Parlarti ancora mentre il mondo affiora,
dirti che non sei sola e lo sai.
La tua pelle ora, tutto il resto vola...
.
.
 
ps : n'oubliez pas L'EP2, et le FORUM !
ps 2 : traduction pour Opti ICI
par Stella publié dans : Italia
 

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