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Mardi 22 avril 2008

Il y a très très longtemps, certains diront "jadis" ou "autrefois", dans un terrain vague de Wally, en Wallonnie, vivait un rat.

Ce rat n'était point un vulgum rattum, non, c'était un grand voyageur : il avait participé aux voyages de Colomb aux Indes, enfin certains chipoteurs diraient aux Amériques. Rien que le voyage de Wally jusqu'en Espagne ne fut pas mince affaire, mais narrer ces exploits serait beaucoup trop trop long.

Sa présence sur le navire amiral de l'expédition a complètement échappé aux 39 membres de l'équipage. Et pour cause : il n'atterit point sur la caravelle par hasard, mais bien envoyé par l'office de tourisme des rats, pour voir si ces contrées existaient vraiment, s'il y avait possibilité d'une vague d'immigration rat-iale (le vieux monde vermoulu tentant de se débarrasser des rongeurs, la vie n'était pas de tout repos et nombreux sont ceux qui voyaient en ces expéditions une ouverture vers une planche de salut) .

Il débarqua sur les terres des Indiens et fut grandement touché par la profusion de nourriture qu'il y trouva. Ces gens étaient si accueillants ! Malheureusement, les peuplades de ces côtes adoraient les chats...Il inscrivit à l'encre sympatique la mention : "15 octobre 1492 : Mission : Impossible" sur son dossier et attendit que la nef lève l'ancre. Décidé à rentrer dès que possible, il vivotait en attendant le retour au pays de l'expédition.

Celle-ci s'éternisant, il en avait plein les moustaches et pour se divertir alla vagabonder, un sac sur le dos, dans les campements. Au détour d'un croisement, entre un feu et un tas d'immondices, son regard croisa celui d'un félin. Il détala en direction du monticule d'ordures. Le chat se posta devant icelui et monta la garde. Notre rat, affamé, grignota à tout hasard un truc jaune qu'il identifia comme étant une pomme et remplit sa besace d'autres morceaux en prévision d'une fuite qui l'obligerait à s'éloigner des sentiers connus et des côtes.

Il profita de ce que les petits maîtres du chat le câlinaient pour s'enfuir ventre à terre, il contourna le campement et trouva refuge dans le baluchon d'un marin. De la Nina, ce qui l'a probablement sauvé de l'exil éternel loin de Wally.  (la Santa Maria ayant coulé because le vent) 

Après tout un tas d'aventures que ne renierait pas Ulysse comme son descendant Ulysse 31, Rattum se prélassait sur la hune lorsque la vigie hurla "Terre" enfin un truc approchant, bref, c'était l'Espagne.
Rattum goûta quelques jours à la liesse populaire, rat anonyme du port, puis établit qu'il était temps pour lui de rentrer au bercail et de récolter lui aussi, mais individuellement cette fois-ci, les hommages qui lui étaient dus, intrépide rongeur parti découvrir des terres cruelles. (bon il en rajoutait un peu, mais faut le comprendre, c'était son quart d'heure de gloire!).

Quelques jours après son arrivée, enfin déssoulé, Rattum défit son baluchon qui commençait à sentir hummm disons des odeurs pas très ratholiques (les rats sont très à cheval sur la propreté, bien qu'on ne puisse en vouloir à un valeureux explorateur qui avait été en contact avec des cultures différentes et de ce fait n'avait pas pu ne pas être contaminé).


Et là il La trouva. L'épluchure de ce bulbe louche que les désormais nommés Indiens appellaient "pomme de terre".


Rattum fit un trou dans son jardin et ensevelit les détritus.

Il ne savait pas que son geste aurait des conséquences, battement d'aile d'un papillon qui enclencherait un processus de consommation jusques au lointain XXI° siècle, voire au-delà....
Les années passèrent.

Un jour, en désherbant son champ, Rattum nota une plante inconnue au bataillon, des branches de laquelle pendaient des tiges jaunâtres, légèrement grasses au toucher. Il se frictionna les moustaches et fit fonctionner ses neurones encrassés. Cela ne pouvait être que le résultat de l'épluchure malvenue, que dans le noir il avait prise pour un quartier de pomme mais qui n'en était pas un, qu'il avait enfouie là à son retour d'expédition ! Il ne se rappellait que vaguement le nom de cette plante, pomme de terre, mais rien d'autre. Les pommes de terre poussent sous terre et sont rondes, se dit-il. Se pourrait-il qu'au contact d'un autre continent la plante ait muté ? Il décida de la laisser croître, et on verrait bien ce que ça donnerait, une fois!


Le printemps passa, et ses gelées. Rattum empila de la paille au pied de son arbrisseau à pomme de terre pas dans la terre.
L'été lui succéda, et ses chaleurs. Rattum arrosa son arbuste et veilla à ce qu'il ait son quota de soleil mais pas trop.
L'automna arriva, et les récoltes. Rattum se décida à goûter à ces trucs bizarres. Il sectionna une grappe, la mit dans un cornet rouge en carton à l'éffigie d'un clown (vestige d'une fête d'anniversaire, il contenait un reste de sel des pipinsols qu'il avait contenu).
Il descendit de l'arbre, secouant son cornet. Le sel se répandit sur les choses oblongues.
Mince alors, se dit-il, mais bon au moins si c'est dégueu, ça en atténuera le goût ! Il goûta. Regoûta. Rerererereregoûta.
Ce fondant, cette chair douce et nourissante...Quel délice de fruit de pomme de terre qui n'avait pas poussé dans la terre !

Bientôt tout le village fut au courant de cette merveille, et il fallu lui donner un nom.
Rattum réfléchit, réfléchit. Il opta pour un truc louche, pour qu'on voit bien le rat intelligent qu'il était, une fois : frite. C'était la contraction de Fantaisie Rattumienne Importée des Terres Exotiques.

Tout naturellement, la Wallonnie se couvrit d'arbres fritiers, propriétés du débutant exploitant agricole Rattum. Même les hommes daignèrent s'intéresser à la chose.

Rattum servait les portions de frites bien dressées vers le ciel comme un symbole phallique cher aux peuplades autochtones des pommes de terre qui poussent dans la terre. En souvenir du jour de SA découverte, il les servait dans de petits cornets de carton rouge, frappés d'un visage de clown. Avec un peu de sel, c'était meilleur, avec des sauces diverses aussi. Pour conserver le fondant de ses frites, Rattum installa des chaudrons d'huile bouillante sous chaque arbre, de façon à ce qu'elles y tombent directement une fois mures.

Peu à peu la spécialité Wallynienne se répandit dans le monde entier. C'est pourquoi de nos jours les Belges sont incontestablement de grands spécialistes en frites, et que l'on parle d'arbres fritiers !

N'oublions pas les 5 frites et laids gummes par jour, mais les laids gummes seront évoqués ultérieurement !

 

C'était la fabuleuse histoire de la découverte et de la plantation de l'arbre fritier, et de ce qui s'ensuivit.

Mercredi 16 avril 2008


 

C’est le froid. Surtout le froid.

Le bateau sur lequel je me trouve est petit, une coque de noix, mais vu d’en haut il semble plus grand.

Il navigue sur une mer déchaînée, et son sort peut être scellé à chaque instant.

Le froid est humide et dense, mes mains sont bleues et peinent à se retenir à la rampe ou aux rebords de la coque, je ne sais pas ce que c’est, mais elles s’agrippent et menacent de lâcher prise à chaque instant. Il me semble que je ne dois qu’aux nerfs qui m’animent de ne pas avoir déjà disparu sous l’eau.

Mes cheveux détrempés pèsent une tonne et m’entraînent toujours plus vers le bas.

Le « pilote » du bateau m’est inconnu, d’ailleurs il n’a pas de visage distinct et ça pourrait être n’importe qui.

Nous sommes les seuls.

Sur un bateau mi-fragile mi-solide qui tangue de partout.

Heureusement que je n’ai pas le mal de mer.

Sur la gauche, j’aperçois d’autres bateaux, de tailles et de formes diverses, parallèlement au mien. Comme pour une course en somme.

Derrière moi il n’y a rien, juste un énorme mur d’eau.

Le bruit des ondes est assourdissant, et en plus il pleut à verse. Les salves d’eau qui s’écrasent sur ce qui reste ( ?) de la cabine de pilotage brouillent ma vue.

Et puis soudain je vois devant moi : une ‘montagne’ d’eau qui semble insurmontable. Pourtant on la franchit, et une fois arrivés à son sommet, il nous faut dévaler la pente sans s’écraser dans les tourbillons d’écume, au fond.

Puis se préparer à attaquer la prochaine.

Je suis sur un bateau. Qui lui même est sur un toboggan à bateaux. Jusqu’à la fin du toboggan, s’il y en a une, c’est les montagnes russes, comme dans un manège de parc d’attraction, sauf que le terrain est immense, et que le jeu n’en est pas (plus ?) un.

Je ne sens plus rien, juste la sensation d’être une enveloppe remplie d’eau, dans laquelle flotte une âme, et de temps en temps remontent à la surface des bulles, qui viennent s’éclater par ma bouche en laissant s’échapper des cris ou des prières ou des ordres, je ne saurais dire. Pour autant, ce n’est qu’une sensation, je suis bien matérielle.

J’ai froid.

J’en ai marre.

Mon manteau s’envole.

A la faveur d’un éclair, alors que le bateau est au sommet du toboggan et qu’il entame la descente, je réalise qu’il est impossible d’en voir la fin.

Un regard à gauche, nous ne sommes plus très nombreux à lutter dans cette arène d’eau. On résiste par principe ? par choix ? par rage ? Je sais pas.

Le « pilote » se tourne vers moi alors que je lui pose cette question. L’eau a délavé ses traits qui sont encore plus insignifiants que tout à l’heure, seul l’éclat de ses yeux –bleus- est perceptible clairement.

« Tu sais, c’est sans fin. Autant renoncer, il suffit de … »

D’un index qui s’est déjà solidarisé des autres doigts, formant une palme bientôt parfaite, il m’indique de regarder à ma droite.

Là où je n’ai pas encore osé regarder. Je sens un truc étrange qui en monte, comme un souffle glacial, pas naturel.

Normal.

C’est le vide.

L’air vicié du vide.

C’est le néant.

Par définition, le néant n’est rien, et ne peut donc pas être quelque chose, ne serait-ce qu’un trou sans fond, enfin je suppose sans fond, les abysses ne sont pas le néant, je me dis.

Mais c’est le néant quand même.

L’obscurité même n’a pas la consistance de celle qui règne en maîtresse au-dessus du toboggan, et même dans le clair-obscur des éclairs, on ne distingue rien, à droite. Peut-être qu’il n’y a vraiment rien en fait.

Mon bateau est le dernier du toboggan. En plus de devoir se maintenir sur les flots dans les méandres du toboggan, il doit résister à l’aspiration du ‘vide’.

« Autant renoncer, il suffit de… »

Il n’a pas fini sa phrase qu’il esquisse le geste de donner un coup de volant ( ?) à droite.

Quelqu’un hurle : « Non, je ne renoncerai pas ! »

 

 

Je me réveille (et toute la maison avec tant qu’à faire ^^) et je réalise que ce quelqu’un qui hurle, c’est moi !

Cauchemar.

 

 

Je précise que :

- je suis nette

- je n’ai pas le mal de mer, ni peur de l’eau

- je n’étais pas sous l’emprise de substances illicites ni même licites

J’avais oublié de rallumer le radiateur de ma chambre, et la couette s’était fait la malle (c’est sûrement ça le manteau qui s’envole^^)



N’empêche, ça fait longtemps que je n’avais pas cauchemardé comme ça !! :-(

Vendredi 14 mars 2008
129-Zato--Colletto-.jpg
Zato, été 2007


« Fuir !
Là-bas fuir !
Je sens que les oiseaux sont ivres
d’être parmi l’écume inconnue et les cieux … »
Mallarmé
Samedi 1 mars 2008


Petite question : il me faut 300 grammes de riz, combien de riz cru faut-il que je cuise pour obtenir 300 grammes de riz cuit ? Parce que le riz, ça gonfle à la cuisson non ? Donc je dois cuire moins de 300 gr de riz cru…Enfin je crois. Mais combien ? Si je cuis 250 grammes, ça suffira à en donner 300 ?

Oui oui, je sais ce que tu te dis lecteur-trice, tu es bien chez une littéraire ;-)

rizi-re.jpg

Jeudi 14 février 2008

Bon alors, la St Val, j'aime pas ça. Je ne reviens pas sur ce que j'ai déjà dit.

Mais comme je suis fatiguée et que je n'ai pas envie d'épiloguer pendant 107 ans, et puisque ça fait partie de mon programme "mouton boot camp", je veux bien "participer de la bôôôôôté de la journée". Mieux qu'un côêur, mieux qu'une bâgûê, voici ma contribution.

 

Philtres de n'amour :

Recette 1  : Prendre une chauve-souris, voire deux si le/a bien-aimé est volage ou si on soupçonne qu'il/elle le soit ou si on flippe (le trop est toujours mieux que le pas assez)(du moins pour cette recette).

Elle se cache, mais pas pour longtemps !

Comment, je ne sais pas trop, peut-être pas avec une trappe à souris, ça rampe pas, et ça fait pas assez romantique. Un filet à papillons, ça c'est meugnon !

Bref, tu chopes ta chauve-souris. Tu calcines la chauve-souris, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des cendres, tu sais genre une bagnole un soir de la St Sylvestre? Pareil avec la chauve-souris un soir de St Val (enfin fais ça la veille plutôt, pas que tes vêtements embaumes l'odeur, tu vois).

 Fais gaffe aux départs de feu

Ensuite c'est très simple : tu verses un peu de cendre dans le verre de ton/ta n'amoureux/se, autant que tu veux et tu le lui tend.

Détail pratique, un verre noir c'est peut-être mieux. Dans le noir aussi. A ce moment là, tu lui pince le nez, et zou, c'est bu. Autre solution, tu attends que le champagne fasse son effet (ou la vodka, mais ça fait pas assez romantik) et tu lui tend, genre c'est une aspirine chéri/e, BOUAAAAS ! *voix d'outre-tombe so sexy*

Et c'est parti pour la vie, toussa, les yeux dans les yeux la main dans la main, les fleurs à la saint valentin... Oui je sais c'est beau ce que je dis.

.

Ou sinon, recette 2 si tu habites dans les Pyrénées, tu chopes un loup et tu l'emmène dans un service de don de moëlle osseuse, tu leur dis qu'ils la prélèvent au pattes sinon ça marche pas et tu la récupère, tu en fais une pommade que tu devras mélanger à son fond de teint ou à son after-shave.

Attention, les pattes ne sont pas visibles sur cette photo

..

Version végétarienne : tu écris sur un pitiiiiit papier Aumus Porte aunnus Bretingué, ce qui veut dire euh on ne sait pas mais on peut deviner bien sûr que c'est une ancienne graphie pour dire "Ô mus, Porte ô nues Bretingué" mais si il/elle ne s'appelle pas Bretingué c'est pas grave, ça marche quand même faut pas dénaturer les dictons. Après tu le plie en quinze mille plis.

Tu ouvres le frigo, et tu fourres le papier réduit à un grain de riz (enfin j'espère pour toi) dans du beurre.

Attention, ceci n'est pas un petit morceau

Quand le soleil se couche, tu joues aux dames, au poker, à n'importe quel jeu et tu t'arranges pour gagner, et le perdant doit manger du beurre, et voilà il/elle gobe le papier et jusqu'à son opération de l'appendicite il/elle sera fouuuu de touah ! Autre solution, tu joues à inverser le temps, genre tu veux prendre un p'tit déj à 18h quelque chose quand le soleil se couche. S'il/elle est italien(ne), tu peux aussi tenter de planquer le bout de beurre dans les pâtes, uniquement si c'est des macaronis ou des orecchiette, là où on voit pas trop.

.

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Surtout faisez gaffe, ne vous l'administrez pas à vous-même, le syndrome de Narcisse vous guette !

Voilà !

 Attention, ceci est un Bisounours,

rose avec des coeurs en plus

Aucun animal n'a été martyrisé pour cet article ; aucun gens non plus, à part pour ceux qui prendront tout au pied de la lettre. Il n'y a aucun risque de devenir chauve non plus, souriez !

Toutes ces recettes ont existé, elles viennent de Philtres d'Amour et autres elixirs de Mauricette Lecomte. Je vous ai épargné les ... "pires" ;-D

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