
Tout était calme ce matin là. Le soleil éclairait par intermittance le sentier, dardant ses chauds rayons à travers les arbres. Etrangement, pas un bruit. Pas de vent pour faire murmurer les feuilles, pas de trilles d’oiseaux. Juste le silence. Tour à tour angoissante entité et douce délivrance.
Qu’avait-elle pu faire la veille ? Tout en elle tentait de rassembler les bribes éparses de sa mémoire. Aucune réminiscence n’affleurait son esprit embrumé. Juste le présent. A la fois fugace fragrance et cruel instant.
Ses pas empruntèrent un chemin au hasard, se laissant guider dans le labyrinthe de la forêt. Aucune âme dans le bois à cette heure. Juste elle et sa conscience. Lourd fardeau. Présence douloureuse et amicale.
Tout à coup le chemin se scinda en deux raidillons. L’un s’enfonçait dans la forêt, l’autre menait à la réalité prosaïque. Elle choisit le second, il lui fallait assumer. Courir ce matin-là ne lui avait pas éclairci les idées. Contrairement au pacte tacite qu'elles avaient passé depuis des années déjà, la forêt ce matin-là ne lui transmettait pas sa quiétude, les odeurs enivrantes du sous-bois ne lui ôtaient pas ce sentiment diffus d'avoir mal agi, ne lui rappellerait pas ce qui avait été hier, ni son prénom…
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