Je n'aime plus Noël
Et voilà qu’arrivent déjà les fêtes. Pour certains givrés, et ils sont de plus en plus nombreux, cette période a commencé début novembre, avec la décoration extérieure de leurs maisons. Il en va de même pour les magasins et autres grandes surfaces, lesquelles sont habituées de ce décalage de dates : la rentrée en juin, Halloween en août, Noël dès la fin du mois d’octobre. On peut actuellement y trouver des galettes des Rois et début janvier on trouvera tout pour la St Merdantin. En tous cas nous y voilà pour de bon, encore quinze jours de répit avant le grand barnum annuel. Personnellement, Noël « j’aime pu ». Apparemment, on est nombreux à ressentir cela quel que soit le nombre des ans que l’on porte ; il y a bien longtemps que la magie de Noël n’opère plus. Est-ce là la source de tout les maux actuels, de ce cafard qu’on sent dans les regards, entre les lignes, chez le voisin, de vie comme de blog ? Parce que au delà du fait qu’on a une pression sur les épaules (déco, préparatifs, cadeaux, famille qui débarque, etc. etc.), les fêtes ça fout le bourdon.
C’est l’hiver, ça caille, dans les rues les gens font la course aux cadeaux, et si on prend un peu de recul par rapport à tout ça on ne voit que l’aspect mercantile, limite futile, la spontanéité est morte écrasée par une carte gold et une paire de chèques. Et l’hypocrisie régnante de ceux qui jouent un rôle, de plus en plus lointains les uns des autres, évoluant dans un monde froid et aseptisé qui se calcule non plus en chaleur humaine mais en $€. Qui font une crèche mais qui ne croient pas en Lui…
Cela ne reste qu’une question, une vision personnelle ; j’aime mon prochain mais pas ce qu’il est devenu ou plutôt pas l’image qu’il renvoie.
En plus, on est comme OBLIGE(E)S d’être joyeux tout le temps. Obligés de faire semblant d’avoir envie de fêter.
On pourrait dire stop, et passer sa soirée seul(e) devant un bon truc débile à la TV, mais … c’est la tradition. Et puis après tout, ça ne va pas nous tuer, on peut se forcer, c’est juste deux jours. Noël c’est familial, un point c’est tout. Comme la moule s’accroche désespérément à son rocher, les fêtes sont le seul point d’ancrage des familles de nos jours. Enfin, je ne sais pas vous, mais pour moi oui. En me relisant, je me rends compte que tout ça est très pessimiste, on dirait que je ne supporte pas les gens, ni ma famille, que je ne prendrais pas plaisir à la voir réunie, que c’est la grande guerre chez moi, que je vais devoir me coltiner des journées que je ne supporte pas, blabla blabla. Je vous rassure, ça n’est pas le cas. Du tout. (J’écris cet article en couleur, d’ailleurs.). C’est juste que… S’obliger à ne pas penser qu’il y a un manque, ne pas ciller quand sa place habituelle à table est occupée par quelqu’un d’autre, ne pas penser qu’une voix, une présence font défaut. Et surtout s’efforcer de ne pas sentir cette absence planer dans les conversations, nier l’étau qui enserre la poitrine, combler les silences par n’importe quel débat stérile, essayer de réprimer les souvenirs qui remontent à la surface, les ravaler jusqu’à l’indigestion, faire taire les sanglots du cœur. Non mi piace più Natale. Non riesco più a viverlo. Perché mi manca te.