Pavillon noir ...

Publié le par Stella


 

C’est le froid. Surtout le froid.

Le bateau sur lequel je me trouve est petit, une coque de noix, mais vu d’en haut il semble plus grand.

Il navigue sur une mer déchaînée, et son sort peut être scellé à chaque instant.

Le froid est humide et dense, mes mains sont bleues et peinent à se retenir à la rampe ou aux rebords de la coque, je ne sais pas ce que c’est, mais elles s’agrippent et menacent de lâcher prise à chaque instant. Il me semble que je ne dois qu’aux nerfs qui m’animent de ne pas avoir déjà disparu sous l’eau.

Mes cheveux détrempés pèsent une tonne et m’entraînent toujours plus vers le bas.

Le « pilote » du bateau m’est inconnu, d’ailleurs il n’a pas de visage distinct et ça pourrait être n’importe qui.

Nous sommes les seuls.

Sur un bateau mi-fragile mi-solide qui tangue de partout.

Heureusement que je n’ai pas le mal de mer.

Sur la gauche, j’aperçois d’autres bateaux, de tailles et de formes diverses, parallèlement au mien. Comme pour une course en somme.

Derrière moi il n’y a rien, juste un énorme mur d’eau.

Le bruit des ondes est assourdissant, et en plus il pleut à verse. Les salves d’eau qui s’écrasent sur ce qui reste ( ?) de la cabine de pilotage brouillent ma vue.

Et puis soudain je vois devant moi : une ‘montagne’ d’eau qui semble insurmontable. Pourtant on la franchit, et une fois arrivés à son sommet, il nous faut dévaler la pente sans s’écraser dans les tourbillons d’écume, au fond.

Puis se préparer à attaquer la prochaine.

Je suis sur un bateau. Qui lui même est sur un toboggan à bateaux. Jusqu’à la fin du toboggan, s’il y en a une, c’est les montagnes russes, comme dans un manège de parc d’attraction, sauf que le terrain est immense, et que le jeu n’en est pas (plus ?) un.

Je ne sens plus rien, juste la sensation d’être une enveloppe remplie d’eau, dans laquelle flotte une âme, et de temps en temps remontent à la surface des bulles, qui viennent s’éclater par ma bouche en laissant s’échapper des cris ou des prières ou des ordres, je ne saurais dire. Pour autant, ce n’est qu’une sensation, je suis bien matérielle.

J’ai froid.

J’en ai marre.

Mon manteau s’envole.

A la faveur d’un éclair, alors que le bateau est au sommet du toboggan et qu’il entame la descente, je réalise qu’il est impossible d’en voir la fin.

Un regard à gauche, nous ne sommes plus très nombreux à lutter dans cette arène d’eau. On résiste par principe ? par choix ? par rage ? Je sais pas.

Le « pilote » se tourne vers moi alors que je lui pose cette question. L’eau a délavé ses traits qui sont encore plus insignifiants que tout à l’heure, seul l’éclat de ses yeux –bleus- est perceptible clairement.

« Tu sais, c’est sans fin. Autant renoncer, il suffit de … »

D’un index qui s’est déjà solidarisé des autres doigts, formant une palme bientôt parfaite, il m’indique de regarder à ma droite.

Là où je n’ai pas encore osé regarder. Je sens un truc étrange qui en monte, comme un souffle glacial, pas naturel.

Normal.

C’est le vide.

L’air vicié du vide.

C’est le néant.

Par définition, le néant n’est rien, et ne peut donc pas être quelque chose, ne serait-ce qu’un trou sans fond, enfin je suppose sans fond, les abysses ne sont pas le néant, je me dis.

Mais c’est le néant quand même.

L’obscurité même n’a pas la consistance de celle qui règne en maîtresse au-dessus du toboggan, et même dans le clair-obscur des éclairs, on ne distingue rien, à droite. Peut-être qu’il n’y a vraiment rien en fait.

Mon bateau est le dernier du toboggan. En plus de devoir se maintenir sur les flots dans les méandres du toboggan, il doit résister à l’aspiration du ‘vide’.

« Autant renoncer, il suffit de… »

Il n’a pas fini sa phrase qu’il esquisse le geste de donner un coup de volant ( ?) à droite.

Quelqu’un hurle : « Non, je ne renoncerai pas ! »

 

 

Je me réveille (et toute la maison avec tant qu’à faire ^^) et je réalise que ce quelqu’un qui hurle, c’est moi !

Cauchemar.

 

 

Je précise que :

- je suis nette

- je n’ai pas le mal de mer, ni peur de l’eau

- je n’étais pas sous l’emprise de substances illicites ni même licites

J’avais oublié de rallumer le radiateur de ma chambre, et la couette s’était fait la malle (c’est sûrement ça le manteau qui s’envole^^)



N’empêche, ça fait longtemps que je n’avais pas cauchemardé comme ça !! :-(

Publié dans Divagations ordinaires

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O
Plein de beaux rêves ma Stella adorée!!!!!
Je vais également rejoindre rapidement mon lit à moa!!!!!! :)
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S
et le froiiiiid !

bon j'y vais, espérons que je cauchemarde paaaaas ! ^^
bisous tout plein mon n'opti !
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O
C'est ton cerveau qui travaille trop:
temps en Lorraine + actualité des pirates + culture général + loisir = ce genre de cauchemar...
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S
en + j'aime bien les bateaux, donc je comprends pas ; c'est p'tet le coup des pirates là, mais j'en ai plutôt ri (parce qu'en entendant "des pirates blablabla..." j'ai vu tout de suite Johnny Depp tu vois, mais je sais c'est pas drôle comme fait divers, mais j'assume ^^)
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O
Si tu veux je te donnerai des cours de natation... Les bases et l'essentiel: cela t'évitera de nouvelles frayeurs!!!!
Il faut dire que le temps que nous en avons en Lorraine n'aide pas à faire des rêves ensoleilés, c'est pluvieux et froid à souhait... ;(
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