La légende de l'arbre fritier

Publié le par Stella

Il y a très très longtemps, certains diront "jadis" ou "autrefois", dans un terrain vague de Wally, en Wallonnie, vivait un rat.

Ce rat n'était point un vulgum rattum, non, c'était un grand voyageur : il avait participé aux voyages de Colomb aux Indes, enfin certains chipoteurs diraient aux Amériques. Rien que le voyage de Wally jusqu'en Espagne ne fut pas mince affaire, mais narrer ces exploits serait beaucoup trop trop long.

Sa présence sur le navire amiral de l'expédition a complètement échappé aux 39 membres de l'équipage. Et pour cause : il n'atterit point sur la caravelle par hasard, mais bien envoyé par l'office de tourisme des rats, pour voir si ces contrées existaient vraiment, s'il y avait possibilité d'une vague d'immigration rat-iale (le vieux monde vermoulu tentant de se débarrasser des rongeurs, la vie n'était pas de tout repos et nombreux sont ceux qui voyaient en ces expéditions une ouverture vers une planche de salut) .

Il débarqua sur les terres des Indiens et fut grandement touché par la profusion de nourriture qu'il y trouva. Ces gens étaient si accueillants ! Malheureusement, les peuplades de ces côtes adoraient les chats...Il inscrivit à l'encre sympatique la mention : "15 octobre 1492 : Mission : Impossible" sur son dossier et attendit que la nef lève l'ancre. Décidé à rentrer dès que possible, il vivotait en attendant le retour au pays de l'expédition.

Celle-ci s'éternisant, il en avait plein les moustaches et pour se divertir alla vagabonder, un sac sur le dos, dans les campements. Au détour d'un croisement, entre un feu et un tas d'immondices, son regard croisa celui d'un félin. Il détala en direction du monticule d'ordures. Le chat se posta devant icelui et monta la garde. Notre rat, affamé, grignota à tout hasard un truc jaune qu'il identifia comme étant une pomme et remplit sa besace d'autres morceaux en prévision d'une fuite qui l'obligerait à s'éloigner des sentiers connus et des côtes.

Il profita de ce que les petits maîtres du chat le câlinaient pour s'enfuir ventre à terre, il contourna le campement et trouva refuge dans le baluchon d'un marin. De la Nina, ce qui l'a probablement sauvé de l'exil éternel loin de Wally.  (la Santa Maria ayant coulé because le vent) 

Après tout un tas d'aventures que ne renierait pas Ulysse comme son descendant Ulysse 31, Rattum se prélassait sur la hune lorsque la vigie hurla "Terre" enfin un truc approchant, bref, c'était l'Espagne.
Rattum goûta quelques jours à la liesse populaire, rat anonyme du port, puis établit qu'il était temps pour lui de rentrer au bercail et de récolter lui aussi, mais individuellement cette fois-ci, les hommages qui lui étaient dus, intrépide rongeur parti découvrir des terres cruelles. (bon il en rajoutait un peu, mais faut le comprendre, c'était son quart d'heure de gloire!).

Quelques jours après son arrivée, enfin déssoulé, Rattum défit son baluchon qui commençait à sentir hummm disons des odeurs pas très ratholiques (les rats sont très à cheval sur la propreté, bien qu'on ne puisse en vouloir à un valeureux explorateur qui avait été en contact avec des cultures différentes et de ce fait n'avait pas pu ne pas être contaminé).


Et là il La trouva. L'épluchure de ce bulbe louche que les désormais nommés Indiens appellaient "pomme de terre".


Rattum fit un trou dans son jardin et ensevelit les détritus.

Il ne savait pas que son geste aurait des conséquences, battement d'aile d'un papillon qui enclencherait un processus de consommation jusques au lointain XXI° siècle, voire au-delà....
Les années passèrent.

Un jour, en désherbant son champ, Rattum nota une plante inconnue au bataillon, des branches de laquelle pendaient des tiges jaunâtres, légèrement grasses au toucher. Il se frictionna les moustaches et fit fonctionner ses neurones encrassés. Cela ne pouvait être que le résultat de l'épluchure malvenue, que dans le noir il avait prise pour un quartier de pomme mais qui n'en était pas un, qu'il avait enfouie là à son retour d'expédition ! Il ne se rappellait que vaguement le nom de cette plante, pomme de terre, mais rien d'autre. Les pommes de terre poussent sous terre et sont rondes, se dit-il. Se pourrait-il qu'au contact d'un autre continent la plante ait muté ? Il décida de la laisser croître, et on verrait bien ce que ça donnerait, une fois!


Le printemps passa, et ses gelées. Rattum empila de la paille au pied de son arbrisseau à pomme de terre pas dans la terre.
L'été lui succéda, et ses chaleurs. Rattum arrosa son arbuste et veilla à ce qu'il ait son quota de soleil mais pas trop.
L'automna arriva, et les récoltes. Rattum se décida à goûter à ces trucs bizarres. Il sectionna une grappe, la mit dans un cornet rouge en carton à l'éffigie d'un clown (vestige d'une fête d'anniversaire, il contenait un reste de sel des pipinsols qu'il avait contenu).
Il descendit de l'arbre, secouant son cornet. Le sel se répandit sur les choses oblongues.
Mince alors, se dit-il, mais bon au moins si c'est dégueu, ça en atténuera le goût ! Il goûta. Regoûta. Rerererereregoûta.
Ce fondant, cette chair douce et nourissante...Quel délice de fruit de pomme de terre qui n'avait pas poussé dans la terre !

Bientôt tout le village fut au courant de cette merveille, et il fallu lui donner un nom.
Rattum réfléchit, réfléchit. Il opta pour un truc louche, pour qu'on voit bien le rat intelligent qu'il était, une fois : frite. C'était la contraction de Fantaisie Rattumienne Importée des Terres Exotiques.

Tout naturellement, la Wallonnie se couvrit d'arbres fritiers, propriétés du débutant exploitant agricole Rattum. Même les hommes daignèrent s'intéresser à la chose.

Rattum servait les portions de frites bien dressées vers le ciel comme un symbole phallique cher aux peuplades autochtones des pommes de terre qui poussent dans la terre. En souvenir du jour de SA découverte, il les servait dans de petits cornets de carton rouge, frappés d'un visage de clown. Avec un peu de sel, c'était meilleur, avec des sauces diverses aussi. Pour conserver le fondant de ses frites, Rattum installa des chaudrons d'huile bouillante sous chaque arbre, de façon à ce qu'elles y tombent directement une fois mures.

Peu à peu la spécialité Wallynienne se répandit dans le monde entier. C'est pourquoi de nos jours les Belges sont incontestablement de grands spécialistes en frites, et que l'on parle d'arbres fritiers !

N'oublions pas les 5 frites et laids gummes par jour, mais les laids gummes seront évoqués ultérieurement !

 

C'était la fabuleuse histoire de la découverte et de la plantation de l'arbre fritier, et de ce qui s'ensuivit.

Publié dans Divagations ordinaires

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O
Non je l'avais jamais vu... il a dû m'échapper!!!! et pour les fites congelées...
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S

c'est dans la section "role play" ;-)
ah des frites congelées, c'est parce qu'il fait très froid en Wallonie, à peine tu passes la frontière qu'il gèle à pierre fendre ^^


4
tu sais les rats et moi it's not possible du coup je repasserai plus tard hein :)
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S

je me doute lol
demain de la pub pour me faire pardonner ;-)


O
Je ne mangerai plus les frites comme avant après de telles révélations légendaires!!!!!

LOol du moment que ce n'est pas le "rat de la peste noire" comme celui de chevalier D. :(
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S

non, c'est un rat de goût ;-)


O
EXCELLENTISSIME!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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S

;-)
c'était un délire avec ST et Gren ; mais ça fait au moins un an qu'il était publié sur le forum, tu l'avais pas vu?