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(Je)(ux) de mots

Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /2008 16:40

 D'avance désolée pour la non-publication à minuit, hier ça déconnait de partout et j'ai vite jeté l'éponge...
Ensuite aujourd'hui je publie : paf article blanc ; je recommence : pas de photo ; je rerecommence : pas de modification de la typographie. 
Et bien sûr, si je le signale sur les forums d'OB ils vont me traiter de mythomane....





Les cartons étaient déjà tous partis. Ne restaient dans l'immense pièce vide que quelques sacs et boîtes diverses qu'elle déposerait dans le local à ordures en descendant.
Elle tournait dans l'appartement vide, faisait mine de redresser le cadre de l'entrée dont il ne restait plus qu'une empreinte jaunie sur le blanc des murs.
Elle navigua entre les restes épars de sa vie destinés aux ordures pour se poster devant la seule source de lumière de la pièce. Elle ouvrit la fenêtre.
Le monde contenu derrière le carreau l'envahit. Il était encore tôt, les gens se pressaient sur les trottoirs, les commerçants remplissaient leurs étals ; des fumées s'élevaient des toits, uniques nuages flous.
Soudain, un carton tomba.
Le bruit sourd se répercuta dans le vide ambiant.
Sans doute l'avait-elle déséquilibré en passant. Privé du soutien de son contenant éventré, le contenu s'étalait sur le sol. Autant de choses qui ne lui évoquaient rien mais elles auraient du ; ce couple enlacé sur la plage qui souriait à l'objectif, d'autres photos de personnes jouant aux cartes, cette fleur séchée derrière sa prison de verre désormais rompue, souvenirs du passé qu'elle avait entassés sans les voir et dont elle comptait régler le sort en les confiant à la benne.
Elle écarta le carton et entreprit de caser son ex-contenu disparate dans le seul sac poubelle qui ne criait pas grâce.
La photo encadrée subit le même sort, après une observation attentive mais stérile. Rien ne s'éveillait en elle, ni douleur ni joie, pas même la sensation d'avoir un jour été aimée.
Elle se releva et soudain elle le vit.
 Là-bas, ouvert, tranchant sur le carrelage blanc du salon.
Un livre.


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Elle ne savait pas ce qu'il en était mais elle se sentait un lien avec lui. C'était la première fois qu'elle avait une impression de déjà-vu, liée à quelque chose de plus sombre qu'elle ne pouvait déterminer.
Lui avait-on offert ? L'avait-elle lu ? Aimé, détesté, ou rapidement relégué aux oubliettes de la mémoire, celles dont on tentait en vain de schématiser le labyrinthique plan sans pour autant en trouver la clef. A chaque nouvelle méandre rencontré elle se prenait à espérer, à chaque nouveau virage montait en elle une étincelle, vite éteinte : elle ne se souvenait plus. Ou plutôt ne voulait-on pas qu'elle se souvienne?
Mais ce livre, que faisait-il là, dans ce carton destiné à la destruction, pourquoi le jetterait-elle ? pourquoi la poussait-on à le jetter? Les livres restaient la seule compagnie viable qui ne la tourmentait pas et pour cause : quelque soit le sujet, ils ne l'atteignaient pas. Ils étaient la seule chose qu'elle avait désiré conserver ; couchés comme des reliques dans leurs liceuls de papier mâché ils l'attendaient déjà dans ce deux-pièces quelconque qui serait sa dernière demeure terrestre.
Folle. Au milieu des fous.
Elle alla jusqu'à lui et le ramassa. S'assit sur la marche qui délimitait la cuisine du salon, celle qu'elle avait coutume d'oublier, comme le reste. Ses genoux et ses coudes, eux, s'en souvenaient.
Elle le feuilleta sans vraiment en lire quelques lignes.
Elle admira la douceur veloutée de la couverture, la qualité des couleurs.
Puis elle le retourna et quelque chose en elle bascula : elle reconnut son nom. Son nom dont les médecins lui avaient dit qu'il était le sien. Son nom à elle, propriété exclusive. En lettres capitales sur la première de couverture. Et sur la tranche. Et sur le prière-d'insérer. Et la photo de ce qui avait été elle en miniature sur la quatrième de couverture.
Elle se concentra sur l'écheveau emmélé de ses pensées, et tira sur un fil. Qui vint, défaisant un peu l'étouffante trame tissée serré.
Elle décida que le livre n'était pas là par hasard, et lut les premières pages.

Et elle se souvint. Pas besoin de poursuivre sa lecture, elle écrivait la suite de mémoire, jusqu'à la moindre virgule. Elle se souvenait. De tout.
C'était cette matière-là qui avait été sa vie, c'était celle-là même qui l'avait faire sombrer dans la folie.
Tout lui revenait et la douleur aussi. Les mots, les gens, les actes, les faits, ses faits, c'en est fait.
Elle se leva et retourna à la croisée. La légèreté avec laquelle elle avait vécu ces dernières années s'était envolée laissant place à un oppressant sentiment de dégoût envers elle-même.

Dehors la vie continuait son cours. Les gens s'affairaient toujours sur les trottoirs, d'autres prenaient leur temps en choisissant sur les étals, bientôt les automobilistes qui pour l'instant attendaient sagement rangés en file indienne sur la chaussée klaxonneraient furieux contre cette ambulance qui se garerait en double-file, les empêchant de passer même au vert.

Elle viendrait pour elle, pour l'amener là où on voulait qu'elle se souvienne, alors qu'elle se rappellait maintenant des raisons qui l'avaient poussée à ne plus se souvenir et qu'elle ne voulait plus de son passé.
Il fallait qu'elle ouvre la fenêtre. Pour fermer la porte aux effluves nauséabondes, claquemurer sa vie derrière elle.
Elle ouvrit la fenêtre.

Il s'écrasa.
En bas, près de l'étal du primeur et des roues d'une fourgonnette blanche stationnée à la diable en double file.




L'EP 2 vue par The Super Trouper, Gren, OptiPéné, Rosa Negra le reste des liens viendra au fur et à mesure 


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Par Stella - Publié dans : (Je)(ux) de mots
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /2008 21:55


Oyez braves gens, bientôt l'EP3 !
C'est Gren qui se charge de choisir la photo pour lundi ; on se donne 15 jours avant de publier.

Qui est partant?





P'tit récapitulatif :

Les règles

EP 1

EP 2  

Par Stella - Publié dans : (Je)(ux) de mots
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Lundi 12 mai 2008 1 12 /05 /2008 17:11

- C’est quoi ce truc ?

il était à peine trois heures du matin, le sommeil la fuyait. Elle était alors descendue dans le jardin, armée d’une tisane et d’un roman d’horreur à la mode qu’elle avait acheté sur un coup de tête et finalement classé dans la pile des ‘particulièrement soporifiques’, espérant y trouver un peu de fraîcheur, à défaut d’y croiser le marchand de sable. Allongée sur un transat, elle comptait les étoiles lorsqu’un faisceau lumineux étrange passa dans son champ de vision. Une étoile filante ? Vite faire un vœu ! Mais cette étoile était vraiment filante. Désespérée comme moi, se dit-elle en voyant la boule de feu qui, loin de s’éteindre en une éphémère traînée de poussière scintillante, se rapprochait de plus en plus d’elle. Sauf qu’elle n’aspirait qu’à atteindre la sérénité céleste, alors que l’étoile semblait vouloir la quitter pour ne faire qu’un avec la terre.
Si rien ne va là-haut au point que même les étoiles se jettent par les fenêtres… !
Mais la ‘chose’ approchait toujours plus. Mettant ces hallucinations visuelles sur le compte du manque de sommeil et de l’énervement, elle replongea dans sa lecture.
Soudain, un bruit sourd de choc puis une sorte d’explosion se firent entendre.
Une  boule de feu se matérialisa au fond de son jardin.






Elle sursauta. Puis se dit que ce n’était que l’illusion du vrai, liée à ses mauvaises lignes contenant tout les ingrédients propres à faire dresser les cheveux sur la tête, jusqu’à l’écœurement. Néanmoins, sous couvert d’aller cueillir quelques framboises au fond du jardin, elle se dirigea vers ce qui était le point de chute de l’hypothétique boule de feu.
Bien sûr, il n’y avait rien.
Les seules lueurs visibles étaient celles des lumignons de la terrasse de ses voisins qui recevaient. Si boule de feu il y avait, ils l’auraient vue tout autant qu’elle.

- Décidément cette lecture ne me vaut rien ! s’écria-t-elle.

Elle se leva, maugréant. Et voilà qu’elle sentait une odeur de brûlé maintenant !
S’en était trop.  Malgré son apparent détachement, elle vérifia soigneusement que toutes les issues, fenêtres volets et portes étaient bien fermées avant de s’enfermer à double tour dans sa chambre et de sombrer dans un sommeil agité mais sans rêve.


C’est ainsi qu’on la trouva le lendemain matin. Les voisins, alertés par une odeur à mi-chemin entre la bakélite fondue et le gaz, avaient sonné à la porte, en vain, puis avaient contacté les pompiers.
De l’extérieur, tout semblait normal, aucune trace d’intrusion de nature humaine ou d’éléments naturels. Pourtant, une fois fracturé la porte-fenêtre du salon, il ne restait rien. Tout avait brûlé à l’intérieur de la maison, sauf un périmètre tout autour du lit, intact.
La victime était morte d’un arrêt cardiaque, les traits figés en une expression de terreur.

Aucune trace d’intrusion, personne n’avait rien senti, rien vu.





Les textes des autres participants :
Gren, Péné, Opti  , ...

Par Stella - Publié dans : (Je)(ux) de mots
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /2008 20:22


Hé les gens ! Bonjour !
En concertation avec les gens du forum (les portouvertiens? ^^)(c'est un article pleeeeein de liens, je vous préviens), voici l'EP, le come-back !

Qui souhaite participer à l'EP 4 trouvera donc :

* Ici les règles
* Ici l'EP1
* Ici l'EP2
* Ici l'EP3

Pour la 4° version, ça se corse ! Deux photos + une liste de mots.

 Mots :

- âme
- contraire
- dérisoire
- contraste
- étoilé


lien direct vers la photo



lien direct vers l'image



Inspirés ?
On dit le 30 octobre ?

Par Stella - Publié dans : (Je)(ux) de mots
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