- C’est quoi ce truc ?
il était à peine trois heures du matin, le sommeil la fuyait. Elle était alors descendue dans le jardin, armée d’une
tisane et d’un roman d’horreur à la mode qu’elle avait acheté sur un coup de tête et finalement classé dans la pile des ‘particulièrement soporifiques’, espérant y trouver un peu de fraîcheur, à
défaut d’y croiser le marchand de sable. Allongée sur un transat, elle comptait les étoiles lorsqu’un faisceau lumineux étrange passa dans son champ de vision. Une étoile filante ? Vite faire un
vœu ! Mais cette étoile était vraiment filante. Désespérée comme moi, se dit-elle en voyant la boule de feu qui, loin de s’éteindre en une éphémère traînée de poussière scintillante, se
rapprochait de plus en plus d’elle. Sauf qu’elle n’aspirait qu’à atteindre la sérénité céleste, alors que l’étoile semblait vouloir la quitter pour ne faire qu’un avec la terre.
Si rien ne va là-haut au point que même les étoiles se jettent par les fenêtres… !
Mais la ‘chose’ approchait toujours plus. Mettant ces hallucinations visuelles sur le compte du manque de sommeil et de l’énervement, elle replongea dans sa lecture.
Soudain, un bruit sourd de choc puis une sorte d’explosion se firent entendre.
Une boule de feu se matérialisa au fond de son jardin.
Elle sursauta. Puis se dit que ce n’était que l’illusion du vrai, liée à ses mauvaises lignes contenant tout les ingrédients propres à faire dresser les cheveux sur la tête, jusqu’à l’écœurement. Néanmoins, sous couvert d’aller cueillir quelques framboises au fond du jardin, elle se dirigea vers ce qui était le point de chute de l’hypothétique boule de feu.
Bien sûr, il n’y avait rien.
Les seules lueurs visibles étaient celles des lumignons de la terrasse de ses voisins qui recevaient. Si boule de feu il y avait, ils l’auraient vue tout autant qu’elle.
- Décidément cette lecture ne me vaut rien ! s’écria-t-elle.
Elle se leva, maugréant. Et voilà qu’elle sentait une odeur de brûlé maintenant !
S’en était trop. Malgré son apparent détachement, elle vérifia soigneusement que toutes les issues, fenêtres volets et portes étaient bien fermées avant de s’enfermer à double tour dans sa
chambre et de sombrer dans un sommeil agité mais sans rêve.
C’est ainsi qu’on la trouva le lendemain matin. Les voisins, alertés par une odeur à mi-chemin entre la bakélite fondue
et le gaz, avaient sonné à la porte, en vain, puis avaient contacté les pompiers.
De l’extérieur, tout semblait normal, aucune trace d’intrusion de nature humaine ou d’éléments naturels. Pourtant, une fois fracturé la porte-fenêtre du salon, il ne restait rien. Tout avait
brûlé à l’intérieur de la maison, sauf un périmètre tout autour du lit, intact.
La victime était morte d’un arrêt cardiaque, les traits figés en une expression de terreur.
Aucune trace d’intrusion, personne n’avait rien senti, rien vu.
Les textes des autres participants :
Gren, Péné, Opti , ...
Oyez braves gens, bientôt l'EP3 !
C'est Gren qui se charge de choisir la photo pour lundi ; on se donne 15 jours avant de publier.
Qui est partant?
P'tit récapitulatif :
Les règles
EP 1
EP 2
Article que j’ai promis à Gari il y a un bail...
S’il vous est arrivé d’entendre ou d’écouter la chanson d’Eros Ramazzotti, Favola, savez-vous que
cette chanson s’inspire directement d’une nouvelle d’Hermann Hesse, Les Métamorphoses de Pictor – une fable
d’amour ?
Hesse (1877-1962) est un romancier et poète allemand, Prix Nobel de Littérature en 1946. Son esthétique se situe quelque part entre le
romantisme allemand et le naturalisme. Ses œuvres sont en général profondément métaphoriques. Hesse s’est aussi illustré par sa lutte contre le nazisme. Mais Hesse est surtout connu pour ses nouvelles évoquant les différentes formes et stades de l’amour, l’amour sans espoir, l’amour
timide, l’amour fou et ses dérives, le binôme amour-douleur, etc.
Il dédie sa nouvelle Les Métamorphoses de Pictor (Piktor’s Verwandlungen) à Ruth, sa deuxième femme. Il dira à ce sujet : « Une fable
d’amour, comme toutes les vraies fables, représente quelque chose non pas d’inventé mais de vécu ».
La nouvelle est éditée dans un recueil, intitulé Histoires d’amour, pas très cher et on en trouve
d’occasion (je l’ai en french, pour les ‘voisins’ qui seraient intéressés) et c’est tellement fin, tellement beau, tellement bien écrit que je ne vais pas la
retranscrire ici, juste les grandes lignes (qui se trouvent dans la chanson d’Eros de toute façon...).
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Arrivé au Paradis, Pictor vit un arbre qui était à la fois homme et femme. Puis, plus loin, il vit un autre arbre qui était à la fois soleil et lune. Tout était calme, harmonieux. Les fleurs
chantaient.
Sur l’herbe était posé un oiseau, un oiseau dont le plumage était constitué de plumes de toutes les couleurs possibles
et existantes. Il lui demanda : « Oiseau, où se trouve donc le bonheur ? »
« Le
bonheur ? », répondit l’oiseau, « il est partout, partout autour de toi, dans chaque chose, sur les monts et dans les collines, dans les fleurs comme dans les cristaux ».
Et, riant, il se transforma en une magnifique plante, puis en papillon, qui s’envola se transformant en une
pierre rouge brillant d’un éclat incomparable.
Pictor s’empara de la pierre qui disparaissait petit à petit. Soudain, il entendit le murmure du serpent à son oreille : « La pierre te transforme en ce que tu veux ; dis-lui quel
est ton souhait, vite ! »
Pictor avait toujours rêvé d’être un arbre, parce que ceux-ci lui
paraissaient plein de paix, de force et de dignité.
Pictor devint arbre.
…Raccontano che lui si transformò in albero
E che fu per scelta sua che si fermò,
E stava lì a guardare la terra partorire fiori nuovi.
Così fu nido per conigli e colibri
Il vento gl’insegnò i sapori di resina e di miele selvatico
E pioggia lo bagnò
La mia
felicità, diceva dentro se stesso
Ecco, ecco, l’ho trovata ora che
Ora che sto bene e che ho tutto il tempo per me
Non ho più bisogno di nessuno
Ecco la bellezza
della vita che cos’è …
Pictor observait la terre se transformer, les animaux, les fleurs ; mais lui ne pouvait plus le faire, ce qui le rendit triste. Il comprit alors qu’il était incomplet, mais comment y rémédier ? Un jour une jeune femme se perdit et se trouva sous l’arbre-Pictor ...Celui-ci ressentit alors une étrange sensation, et entendit une voix qui lui disait : « Souviens-toi de toute ta vie passée, trouve son sens, sinon il sera trop tard et jamais tu ne découvriras le bonheur »
Capì che la felicità
Non è mai
la metà di un’infinito
La jeune femme ressentait le même trouble...Elle se disait qu'elle aimerait être arbre, pour pousser à côté de
celui-ci....
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...pour savoir la suite, il va vous falloir lire la nouvelle ;-)
Favola figure sur l'album Tutte Storie sorti en 1993. Le livret indique d'ailleurs la référence à Hesse, et le clip partiellement animé est dans le ton
de la nouvelle.
Paroles
(pour la traduction, cherchez sur le net)
Pour les fans d'Eros, il se murmure qu'il y aurait un concert gratuit ou pas cet été à Rome, probablement en juillet, dans le cadre du projet Telecomcerto...une rumeur selon laquelle il y
aurait une liste et ce serait soit lui, soit les Who, soit Led Zep, soit les Pink Floyds, bref à suivre donc !
Il y a quelques temps, j’ai fait une belle « rencontre » sur le forum d’OB.
Gari est peintre. Au-delà de l’artiste engagé et engageant, c'est un type super, une belle âme.
Allez découvrir son univers, ses toiles, ses dessins, ses textes, dans lesquels notre monde se reflète et se déforme à
la fois laissant apparaître ses laideurs et ses grâces, ses erreurs mais aussi un faible et paradoxalement ferme espoir de tendre vers des jours meilleurs.
p.s. : non ho dimenticato i testi che ti ho promesso, ci sto lavorando ;-)
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Et n’oubliez pas que le forum « Nos Portes Ouvertes »
vous … ouvre ses portes ! Vous y êtes les bienvenus ! :-)
Il y a très très longtemps, certains diront "jadis" ou "autrefois", dans un terrain vague de Wally, en Wallonnie, vivait un rat.
Ce rat n'était point un vulgum rattum, non, c'était un grand voyageur : il avait participé aux voyages de Colomb aux Indes, enfin certains chipoteurs diraient aux Amériques. Rien que le voyage de Wally jusqu'en Espagne ne fut pas mince affaire, mais narrer ces exploits serait beaucoup trop trop long.
Sa présence sur le navire amiral de l'expédition a complètement échappé aux 39 membres de l'équipage. Et pour cause : il n'atterit point sur la caravelle par hasard, mais bien envoyé par l'office de tourisme des rats, pour voir si ces contrées existaient vraiment, s'il y avait possibilité d'une vague d'immigration rat-iale (le vieux monde vermoulu tentant de se débarrasser des rongeurs, la vie n'était pas de tout repos et nombreux sont ceux qui voyaient en ces expéditions une ouverture vers une planche de salut) .
Il débarqua sur les terres des Indiens et fut grandement touché par la profusion de nourriture qu'il y trouva. Ces gens étaient si accueillants ! Malheureusement, les peuplades de ces côtes adoraient les chats...Il inscrivit à l'encre sympatique la mention : "15 octobre 1492 : Mission : Impossible" sur son dossier et attendit que la nef lève l'ancre. Décidé à rentrer dès que possible, il vivotait en attendant le retour au pays de l'expédition.
Celle-ci s'éternisant, il en avait plein les moustaches et pour se divertir alla vagabonder, un sac sur le dos, dans les campements. Au détour d'un croisement, entre un feu et un tas d'immondices, son regard croisa celui d'un félin. Il détala en direction du monticule d'ordures. Le chat se posta devant icelui et monta la garde. Notre rat, affamé, grignota à tout hasard un truc jaune qu'il identifia comme étant une pomme et remplit sa besace d'autres morceaux en prévision d'une fuite qui l'obligerait à s'éloigner des sentiers connus et des côtes.
Il profita de ce que les petits maîtres du chat le câlinaient pour s'enfuir ventre à terre, il contourna le campement et trouva refuge dans le baluchon d'un marin. De la Nina, ce qui l'a probablement sauvé de l'exil éternel loin de Wally. (la Santa Maria ayant coulé because le vent)
Après tout un tas d'aventures que ne renierait pas Ulysse comme son descendant Ulysse 31, Rattum se prélassait sur la
hune lorsque la vigie hurla "Terre" enfin un truc approchant, bref, c'était l'Espagne.
Rattum goûta quelques jours à la liesse populaire, rat anonyme du port, puis établit qu'il était temps pour lui de rentrer au bercail et de récolter lui aussi, mais individuellement cette
fois-ci, les hommages qui lui étaient dus, intrépide rongeur parti découvrir des terres cruelles. (bon il en rajoutait un peu, mais faut le comprendre, c'était son quart d'heure de
gloire!).
Quelques jours après son arrivée, enfin déssoulé, Rattum défit son baluchon qui commençait à sentir hummm disons des odeurs pas très ratholiques (les rats sont très à cheval sur la propreté, bien qu'on ne puisse en vouloir à un valeureux explorateur qui avait été en contact avec des cultures différentes et de ce fait n'avait pas pu ne pas être contaminé).
Et là il La trouva. L'épluchure de ce bulbe louche que les désormais nommés Indiens appellaient "pomme de terre".
Rattum fit un trou dans son jardin et ensevelit les détritus.
Il ne savait pas que son geste aurait des conséquences, battement d'aile d'un papillon qui enclencherait un processus de
consommation jusques au lointain XXI° siècle, voire au-delà....
Les années passèrent.
Un jour, en désherbant son champ, Rattum nota une plante inconnue au bataillon, des branches de laquelle pendaient des tiges jaunâtres, légèrement grasses au toucher. Il se frictionna les moustaches et fit fonctionner ses neurones encrassés. Cela ne pouvait être que le résultat de l'épluchure malvenue, que dans le noir il avait prise pour un quartier de pomme mais qui n'en était pas un, qu'il avait enfouie là à son retour d'expédition ! Il ne se rappellait que vaguement le nom de cette plante, pomme de terre, mais rien d'autre. Les pommes de terre poussent sous terre et sont rondes, se dit-il. Se pourrait-il qu'au contact d'un autre continent la plante ait muté ? Il décida de la laisser croître, et on verrait bien ce que ça donnerait, une fois!
Le printemps passa, et ses gelées. Rattum empila de la paille au pied de son arbrisseau à pomme de terre pas dans la terre.
L'été lui succéda, et ses chaleurs. Rattum arrosa son arbuste et veilla à ce qu'il ait son quota de soleil mais pas trop.
L'automna arriva, et les récoltes. Rattum se décida à goûter à ces trucs bizarres. Il sectionna une grappe, la mit dans un cornet rouge en carton à l'éffigie d'un clown (vestige d'une fête
d'anniversaire, il contenait un reste de sel des pipinsols qu'il avait contenu).
Il descendit de l'arbre, secouant son cornet. Le sel se répandit sur les choses oblongues.
Mince alors, se dit-il, mais bon au moins si c'est dégueu, ça en atténuera le goût ! Il goûta. Regoûta. Rerererereregoûta.
Ce fondant, cette chair douce et nourissante...Quel délice de fruit de pomme de terre qui n'avait pas poussé dans la terre !
Bientôt tout le village fut au courant de cette merveille, et il fallu lui donner un nom.
Rattum réfléchit, réfléchit. Il opta pour un truc louche, pour qu'on voit bien le rat intelligent qu'il était, une fois : frite. C'était la contraction de Fantaisie Rattumienne Importée des
Terres Exotiques.
Tout naturellement, la Wallonnie se couvrit d'arbres fritiers, propriétés du débutant exploitant agricole Rattum. Même les hommes daignèrent s'intéresser à la chose.
Rattum servait les portions de frites bien dressées vers le ciel comme un symbole phallique cher aux peuplades autochtones des pommes de terre qui poussent dans la terre. En souvenir du jour de SA découverte, il les servait dans de petits cornets de carton rouge, frappés d'un visage de clown. Avec un peu de sel, c'était meilleur, avec des sauces diverses aussi. Pour conserver le fondant de ses frites, Rattum installa des chaudrons d'huile bouillante sous chaque arbre, de façon à ce qu'elles y tombent directement une fois mures.
Peu à peu la spécialité Wallynienne se répandit dans le monde entier. C'est pourquoi de nos jours les Belges sont incontestablement de grands spécialistes en frites, et que l'on parle d'arbres fritiers !
N'oublions pas les 5 frites et laids gummes par jour, mais les laids gummes seront évoqués ultérieurement !
C'était la fabuleuse histoire de la découverte et de la plantation de l'arbre fritier, et de ce qui s'ensuivit.



